Mauvaise destruction d’un couvert végétal : impacts agronomiques et erreurs à éviter

Le couvert végétal est un pilier de l’agriculture de conservation des sols (ACS). Il protège la structure du sol, favorise l’activité biologique et améliore la fertilité. Mais une mauvaise  destruction d’un couvert végétal peut annuler ces bénéfices et pénaliser fortement la culture suivante.
Mauvais timing, conditions météo défavorables, outils inadaptés… Quelles sont les conséquences agronomiques d’un couvert mal détruit et surtout, comment éviter les erreurs de destruction ?

Quand détruire un couvert végétal ? Les impacts d’une destruction trop tardive

destruction couvert

Attendre trop longtemps pour détruire un couvert végétal impacte sérieusement la réussite de la culture à suivre.

Le processus de lignification est induit par la floraison des plantes utilisées dans le couvert. A ce stade, le rapport C/N est au plus haut ce qui n’est pas recherché par l’utilisation d’une interculture. L’objectif est une couverture du sol et une densité racinaire, avec un C/N peu élevé. 

Un couvert trop développé au moment de sa destruction empêche le sol de se ressuyer correctement et ne permet pas une bonne préparation de sol pour le semis suivant.

Enfin, si la décomposition du couvert n’est pas terminée avant semis, les ressources en azote et en eau seront alors puisées par ce dernier, mettant en concurrence les besoins de la culture implantée.

Les conséquences agronomiques sont nombreuses :

  • Problèmes d’implantation au printemps : difficulté de mélange des résidus qui occasionne des passages successifs d’outils.
  • Levée hétérogène, retard de croissance, stress hydrique.
  • Perte de rendement sur la culture suivante.
  • Risques accrus de maladies si les résidus restent frais surtout pour les cultures tubéreuses.

Mauvais timing et conditions météo : risques pour la structure du sol

Le timing pour la destruction d’un couvert n’est pas le seul paramètre à prendre en compte. Les conditions météorologiques jouent également en rôle. L’influence du climat soulève de nouvelles problématiques. Les hivers doux ne permettent plus de détruire naturellement les couverts, quand les printemps trop humides entrainent un ressuyage difficile. Ces facteurs deviennent, malheureusement, presque la norme dans certaines régions ces dernières années.

Détruire sur un sol non ressuyé entraine tassement, asphyxie racinaire et perte de structure. A contrario, sur sol sec avec un couvert encore vert, le broyage devient difficile et le couvert peut reprendre rendant le travail inefficace.

Observer et adapter sa technique de destruction à la météo et à l’état du sol pour éviter de « refermer » le profil est donc primordial.

Les erreurs fréquentes et comment les éviter

Voici les erreurs les plus fréquentes lors de la destruction d’un couvert végétal et les bonnes pratiques associées :

Erreurs
Conséquences
Bonnes pratiques
Détruire le couvert après montée à graine
Risque de repousse, perte de contrôle du couvert
Intervenir avant floraison
Travailler un sol non ressuyé
Tassement, asphyxie, semis difficile
Attendre un ressuyage complet
Utiliser un outil inadapté à la destruction du couvert végétal (trop agressif)
Déstructuration, non-contact entre les résidus et le sol
S’adapter au couvert et aux conditions
Manque d’anticipation du couvert choisi
Inadéquation avec la méthode de destruction
Choisir les espèces en pensant à la destruction
Absence de contrôle du résultat
Repousse du couvert, perte d’efficacité
Vérifier après 7-10 jours et ajuster si besoin

Des outils adaptés et respectueux des règles agronomiques

Le choix de l’outil de destruction du couvert végétal est déterminant pour préserver la structure du sol, favoriser la décomposition des résidus et réussir l’implantation de la culture suivante.

Chez Actisol, nous avons développé une gamme spécifique à la destruction de couvert. 

  • DESTRUCTION COMPLETE DE SURFACE : La gamme Roll Krop permet de coucher, lacérer et découper le couvert. Pour tous type de végétation, ses rouleaux en quinquonce à lames d’acier, offrent un angle de travail précis et une rotation spiroïdale. Son gabarit léger procure une efficacité redoutable même sur les espèces les plus dures à détruire (avoine…).
  • MULCHING : Le modèle Stell’Air, est une gamme d’outils à stelles les plus serrées du marché. Ses stelles attaquent la végétation, même la plus dense, verticalement. Cette action de déchaussement reste superficielle et permet un profil de surface alvéolé. Équipé d’un rouleau barres, ce dernier recoupe la végétation horizontalement et offre un mélange régulier et soufflé des résidus, favorisant ainsi leur décomposition. Avec un enfouissement très léger de la matière végétale à 5cm maximum, tout en respectant la règle 2/3 de végétal et 1/3 de terre visible à la surface, le Stell’Air répond aux critères d’un vrai mulching.
erreurs destruction couvert

Pour conclure

Détruire son couvert, c’est préparer la réussite de la culture à suivre. Anticiper, observer, et adapter sa technique et ses choix selon le type de sol, le climat et le stade du couvert sont les bases d’un itinéraire bien mené.